Un peu d’histoire
Le 24 février, une terrasse est nommée en l’honneur de Mère Sofia pour souligner son engagement auprès des personnes en situation de grande précarité à Lausanne. Une belle manière de se rappeler qu’une ville se définit aussi par la manière dont elle prend soin des plus fragiles.
L’inconditionnalité de nos prestations est discutée par certain·es élu·es politiques. Il nous semble important de rappeler que l’approche à bas seuil est née d’un constat très concret : trop de personnes étaient exclues des dispositifs d’aide classique car ils étaient trop conditionnés (lourdeur administrative, lieu de domicile, jours d’abstinence, …). Nous laissions donc de côté les personnes les plus fragiles.
L’approche à bas seuil n’est ni une posture idéologique, ni une forme de laxisme. C’est une réponse pragmatique, fondée sur des années d’expérience, qui permet de réduire les risques sanitaires, de recréer du lien social et d’apaiser l’espace public.
La Soupe Populaire renforce encore sa présence : désormais ouverte aussi le mercredi midi. 122’000 repas ont été servis au cours de l’année.
Afin de parer à la demande d’œufs lors de ses distributions et à la rareté de ces derniers, l’Échelle, en lien avec le bureau, travaille sur un projet de recherche de fonds pour développer des partenariats avec des producteurs et productrices de la région.
Chez Macadam, 650 mandats ont été menés à bien auprès de personnes privées ou d’institutions lors de cette année, en plus des petits jobs réalisés lors de la permanence.
Avec le soutien de Macadam, la Fondation mène une campagne de « clean-tag » en rue pour interpeller le public.
La Soupe Populaire élargit son offre et propose désormais des repas les samedis midi.
Le Répit ferme définitivement ses portes après avoir assuré 65’211 accueils entre janvier 2018 et mai 2023, dont plus de 16’500 durant son dernier hiver.
L’Échelle emménage dans ses nouveaux bureaux. Les travaux (cloisons, parquet, peinture) sont réalisés par les équipes de Macadam.
La Fondation Mère Sofia fête ses 30 ans sur la place de la Riponne.
Macadam : Reprise des activités habituelles et augmentation des petits jobs proposés lors des permanences.
L’Échelle parcourt à nouveau Lausanne et s’invite dans les Maisons de quartier, avec toujours comme objectif premier d’aller à la rencontre des gens.
La Soupe retrouve ses quartiers à Saint-Martin et consolide le tournant amorcé pendant la crise sanitaire : les repas de midi sont désormais proposés chaque mercredi, vendredi et dimanche.
Le Répit déménage à César-Roux, dans un espace de 600 m² équipé d’une centaine de lits.
« Adaptation » est l’un des mots clés de ces deux années.
Pendant la crise sanitaire, chaque entité de la Fondation Mère Sofia se réorganise pour répondre à l’urgence du terrain :
- Macadam : Fermeture momentanée de la structure et division de l’équipe afin de maintenir les prestations vitales.
- Échelle : Fermeture momentanée des suivis sociaux afin de fabriquer 250 colis par semaine.
- Soupe : Prestation vitale maintenue — un repas chaud chaque soir — en extérieur. Après des travaux, une crise sanitaire et 6 déménagements, la Soupe réintègre son adresse initiale à St-Martin. En 2021, un repas complet est désormais distribué 3 midis : les dimanches, mercredis et vendredis !
- Répit : Prestation maintenue et même doublée et dédoublée. Dans un premier temps, la structure est séparée en deux lieux. Finalement, le Répit s’adapte encore à la crise sanitaire et investit une halle du Palais de Beaulieu, soit un espace de 3000m².
Fin mai, la Soupe Populaire déménage au chemin des Avelines 4 pour permettre le lancement des travaux de construction de l’immeuble social de Saint-Martin. Les travaux s’achèveront au printemps 2021. Chaque soir, la Soupe sert en moyenne 230 repas.
Tout l’hiver, le Répit est à nouveau ouvert dès la tombée de la nuit. Sa mission : offrir un lieu chauffé et sécurisé, permettant d’abriter toute personne démunie et en détresse. En moyenne, 85 personnes y sont accueillies chaque nuit.
La Soupe Populaire peut compter sur près de 300 bénévoles pour assurer la distribution du repas et des invendus chaque soir, 365 jours par an.
Macadam atteint ses objectifs : le chiffre d’affaires est en hausse, et l’agenda bien rempli malgré une flotte de véhicules déjà conséquente : deux camions de déménagement, deux camionnettes, un véhicule de transport et un camping-car pour les permanences à la Riponne.
Les travaux de l’immeuble social de Saint-Martin se précisent. À l’horizon 2021, le bâtiment comprendra 41 logements sociaux, 35 places d’hébergement d’urgence, les locaux de la Soupe Populaire, de l’Espace (lieu d’accueil de jour géré par la Ville de Lausanne) et du Bureau des réservations. La Soupe Populaire cohabitera donc avec ces différents services de la Ville.
La Soupe Populaire se trouve en difficulté. Un appel aux dons est lancé et plusieurs boulangeries se sont manifestées pour donner leurs invendus.
Macadam Services devient Macadam. Ce projet ne fait pas office de réinsertion professionnelle en tant que telle, mais est une préparation à celle-ci. La structure assure également une permanence à la place de la Riponne.
Avec 500 missions réalisées pour 393 clients, Macadam Services permet à 26 bénéficiaires de travailler sur des missions concrètes.
En fin d’année, la Fondation Mère Sofia finance intégralement, jusqu’en février 2016, l’ouverture d’un accueil de nuit supplémentaire : le Répit.
L’année est intense pour Macadam Services : 310 missions sont effectuées pour 250 clients, dont 42 entreprises et institutions. Cela représente un total de 2’637 heures de travail, réalisées par une trentaine de travailleurs répondant à une demande toujours croissante.
À l’aube de son 20e anniversaire, la fondation emploie 25 personnes (postes fixes et civilistes) et peut compter sur l’engagement de 220 bénévoles réguliers. Des milliers de repas sont distribués gratuitement, et des centaines d’heures sont consacrées aux entretiens individuels : écouter, réconforter, comprendre, accompagner, convaincre.
Les Colis Alimentaires deviennent L’Échelle. Ce changement de nom reflète une évolution : l’entité ne se limite plus au soutien alimentaire, elle vise aussi à aider les personnes à surmonter leurs difficultés.
Les Colis Alimentaires distribuent 1’378 cabas, soit près de 70’500 repas, et assurent plus de 900 heures de permanences sociales et administratives.
La Soupe, désormais non-fumeuse, ouvre tous les soirs de la semaine et sert près de 50’000 repas sur l’année.
Une campagne de piratage des plaques de rue est lancée pour dénoncer la précarité.
La Soupe élargit son offre et propose des repas complets six soirs par semaine.
Le Parachute réoriente ses activités pour se consacrer uniquement à l’accueil de mineurs en rupture, sur mandat de la Direction générale de l'enfance et de la jeunesse.
La Soupe met fin à la distribution de matériel d’injection, mais continue à fournir des préservatifs.
Macadam Journal devient Macadam Services, proposant une palette élargie d’activités visant à valoriser les compétences des bénéficiaires.
Plus de 5’000 kg de marchandises sont distribués par le camion-épicerie. Les Colis Alimentaires réalisent 600 entretiens de proximité, assurant un suivi social et administratif pour près de 200 bénéficiaires et leurs familles.
Dix ans après la disparition de la Petite Mère, la fondation organise le SofiaFestival aux Pyramides de Vidy, en collaboration avec les bénéficiaires.
Lancement de la vente des kits de survie et de la course aux sponsors. La fondation mène l’« Opération Matin Dimanche ».
En novembre, la Soupe déménage à Saint-Martin 18, avec un toit, quatre murs et une porte grande ouverte.
La fondation fête ses 10 ans. Elle peut compter sur 1’700 donateurs et bénéficie d’un soutien public renforcé. Elle se dote d’une direction, restructure son organigramme et emploie 24 personnes (postes fixes, stagiaire, emploi-chômeurs), épaulées par 75 bénévoles réguliers.
Création des Colis Alimentaires, sur mandat de la Ville de Lausanne, en lien avec la CARL. Ce projet lie distribution alimentaire et orientation sociale.
L’activité de l’Ate’lier est mise en suspens : l’équipe constate une inadéquation entre le projet et la réalité du terrain.
Profonde transformation du Berceau Atemporel qui change de concept, de responsable et devient l’Ate’lier.
Création de la CARL (Centre Alimentaire de la Région Lausannoise), qui organise la récupération des denrées en partenariat étroit avec la fondation.
Une année financièrement difficile : la fondation lutte pour sa survie.
Le Parachute fait face à une fréquentation record : 24’000 visites, 20’500 repas, 60 habitants, pour un total de 2’374 nuitées.
La fréquentation de la Soupe augmente : 200 repas sont distribués en moyenne chaque soir d’ouverture.
La fondation se dote d’un site internet, afin de présenter plus clairement ses activités au public et de mieux faire connaître ses différentes entités.
La Soupe déménage à la place de la Riponne et ouvre 5 soirs par semaine.
La Fondation devient propriétaire de la maison du Parachute (Marc-Dufour 29). Cette année voit également la fin des demandes de lits de la part de personnes atteintes du VIH.
Création de l’association Sport’Ouverte par des employé·es de la fondation, pour organiser des activités sportives et de plein air à destination de personnes en situation d’exclusion ou de précarité.
Mère Sofia s’éteint, le 7 janvier, à l’âge de 49 ans.
La Soupe commence la distribution de matériel d’injection, sous mandat du médecin cantonal.
Mère Sofia est désignée comme l’une des « 100 femmes qui changent le monde » par le magazine Marie Claire et reçoit le prix Adèle Duttweiler.
La distribution suisse du mensuel Macadam journal est lancée. Le journal est désormais vendu dans les rues du canton à la criée, pour offrir un revenu et une autonomie à ses vendeurs.
Création de l’Atelier Berceau Atemporel, un espace d’accueil offrant matériel et accompagnement pour peindre, dessiner, sculpter ou coudre.
Ouverture du Sleep-In sur l’impulsion, entre autres, de Mère Sofia. Ce lieu d’accueil offre à toute personne victime de sans-abrisme, un lieu où passer la nuit.
Création du bus Le Rencard, dispositif mobile d’information et de prévention à destination des personnes en situation d’addiction ou vivant avec le VIH.
Création de la Soupe Populaire. Quatre soirs par semaine, à la place Saint-Laurent, les plus démuni·es reçoivent un bol de soupe aux légumes et une tranche de pain.
Constitution de la Fondation Mère Sofia, qui vise à offrir des lieux d’accueil aux sans-abri et personnes en détresse, dans le respect de leur dignité. L’objectif initial : décharger la Petite Mère des tâches administratives et centraliser la recherche de fonds pour soutenir les activités de Mère Sofia et, en particulier, le Parachute.
Création du Parachute, structure d’accueil à bas seuil, ouverte 24h/24 et 365 jours par an. Elle héberge et accompagne des personnes marginalisées, des jeunes en rupture, et des personnes vivant avec le VIH.
Le Département de la santé et de l'action sociale mandate Mère Sofia pour établir un bilan de santé de la rue.
Création du Comité de soutien à Mère Sofia, réunissant personnes de la rue, squatteurs, juristes et médecins, pour soutenir ses actions. Parmi les projets en discussion : un Sleep-In et un resto du cœur.
Mère Sofia obtient des contrats de confiance ou de prêt à usage (bail gratuit) dans plusieurs squats : Cécil (Marc-Dufour 6), rue de l’Industrie 3 et 5, et chemin de Montmeillan 6. Elle y aide notamment des personnes vivant avec le VIH, parfois en fin de vie.
À cette période, les habitations sous contrat de confiance jouent un rôle important dans le tissu de soutien social de Lausanne, concernant entre 100 et 200 personnes rien que pour la ville.
Cristina Cecchini est consacrée moniale orthodoxe et reçoit le surnom de « Petite Mère ». Elle se consacre pleinement à son ministère de rue.
Cristina Cecchini, dans sa soutane bleue et son perfecto, commence son travail de terrain en arpentant le macadam lausannois. Elle y rencontre des personnes « blessées de la vie », souvent mises à l’écart par la société. Cela marque le début de son engagement profond auprès des « plus vulnérables ».